Territoire d'une louve

20 septembre 2017

Nous nous sommes levés d'amour.

Il n'a jamais existé une seule bonne raison à mes anciens petits-amis. 

Mais toi. Simplement toi. Tu es l'arc-en-ciel qui me permet de circuler entre cette terre et mon autre monde, sans jugement. Tu es fort, quoi qu'il t'en coûte. Tu es bon, d'une bonté stupéfiante. Et d'aussi loin que je me souvienne, tu as toujours été mon meilleur ami. Je n'aurai jamais cru que huit ans après nos premiers mots échangés, cette petite graîne d'amitié se métarmophoserait en un si joli arbre.

C'est vrai, l'on ne s'attendait pas à cela. Auparavant, à chaque rencontre, je savais dès les prémices qu'il existerait une fin à mes histoires diverses. Mais avec toi, je ne voyais que le début de tout. Et toi aussi. Toi aussi tu as vu le début de tout. Ce n'était pas l'histoire de deux êtres blessés, tout le monde l'est, tout le monde traîne sa croix. Ce n'était pas une relation sparadrap, ni une passion qui rend aveugle. Ce n'était pas non plus une relation par intérêt.

Non, nous ne sommes pas tombés amoureux l'un de l'autre, mais nous nous sommes levés d'amour.

Non, cette histoire ne va pas toujours ni dans mon sens, ni dans le tien, mais elle nous porte. Elle nous permet de trouver la vérité, en nous permettant d'exister tel que nous le devons. Nous n'attendons rien l'un de l'autre, mais nous sommes là l'un pour l'autre. Tout n'est que réciprocité, confiance et équilibre. 

J'aurai toujours la force d'avancer à ses côtés. Rien ne m'en empêchera jamais. Je suis prête à me battre contre les orages, à réparer les pots cassés. Ne vaut-il pas mieux réparer ce que l'on a créé, plutôt que de jeter parce que l'on manque de force et de courage ? Et jeter pour quoi ? Jeter pour recommencer depuis le début, avec quelqu'un d'autre, qui finira par attiser l'orage à son tour, et rebelote ? Non, je ne veux pas d'un autre. Je ne veux d'aucune autre histoire. Je ne veux aucune autre vie que la nôtre. Non, je me sombrerai pas dans cette facilité moderne qui consiste à changer de relation comme de chemise, en l'attente d'une perfection inexistante nulle part. Non, mon âme ne sera pas souillée par tous ces gens qui préfèrent briser leur couple au moindre petit problème, car ils n'ont pas la force et le courage de franchir de montagnes. Non, se séparer n'est pas plus simple.

J'ai changé. J'ai grandi. Je suis si différente de celle que j'étais à vingt-cinq ans, lorsque nous nous sommes mis ensemble toi et moi, ces deux bons vieux potes depuis leurs dix-sept et dix-huit ans. Depuis cette époque, tu es parti ici et là-bas. Je suis partie à mon tour. Nous nous sommes vu, puis perdu de vue. Nous avons partagé de nombreux fous-rires, et de grosses engueulades. Nous nous sommes détestés, insultés. Puis réconciliés. Et nous en sommes ici aujourd'hui. Paraît-il que deux êtres faits pour être ensemble finissent toujours par se retrouver.

Et toi. Un homme bien, curieux de tout, généreux, intelligent, et brave. Regarde-toi, tu veux toujours t'améliorer, devenir un homme encore meilleur. Tes bras sont toujours plus frais que le matin qui se lève, tes yeux sont toujours plus doux que la brise du vent sur mon visage en plein été. Tu me rends fière, tu me donnes envie de larmes de bonheur. 

Pour cela, notre histoire connaîtra beaucoup de virgules, mais jamais aucun point.

 

 

 

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13 septembre 2017

Chanter sur le chemin de sa destinée.

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09 septembre 2017

Maintenant, veux-tu bien fermer la porte en sortant de ma vie.

Trop d'énerge absorbée, trop de remise en question, trop de regards dans le rétroviseur. Je ne suis pas une pâte à modeler à laquelle l'on peut donner la forme souhaitée en fonction du moment et de l'humeur. Celle que l'on jette parce qu'un jour, y'en a marre. Pendant qu'on délaisse la pâte, le temps fait son travail : elle s'endurcit, devient friable et difficile à manipuler. Je ne suis pas cette pâte dans laquelle l'on vient enfoncer son doigt dans le but de la faire tomber en petits morceaux, après l'avoir bien fait durcir pendant années de néant.

Personne, absolument personne, n'est une pâte à modeler. 

Pourquoi cette obstination à vouloir changer l'autre, à vouloir le piétiner sans cesse, diffusant une image subjective de cet autre ? Pourquoi cette obstination à vouloir croire et faire croire, que notre vision est la seule et l'unique valable ?  Pour garder le contrôle ? Pour ne pas avoir à se changer soi-même ? L'autre n'est pas cette pâte maléable que l'on aimerait qu'il soit, soumis à nos envies. Nous pouvons lui demander de changer des comportements qui nous blessent, des manies qui nous agacent, du moment que l'on n'exige pas, que l'on parle de ses besoins et de son ressenti et surtout que l'on reste à l'écoute ce que l'autre a à dire tout en acceptant la différence. Dialoguer, ce n'est pas critiquer, aggresser ou condamner.

La réalité, ce n'est pas ce monde virtuel dans lequel nous pouvons modifier tout ce qui nous entoure grâce à des filtres qui vont supprimer les défauts et gommer les anomalies. La réalité, ce n'est pas ces photos, ces commentaires et autres statuts sélectionnés minutieusement dans l'objectif de ne montrer aux autres que la meilleure version de nous-même.

Notre monde est bien réel et ne nous offre que deux options : accepter, ou nous éloigner. Mais à aucun moment il ne nous présente l'opportunité de modeler les autres à notre image, ni en fonction de nos fantasmes.

Vous savez ce que cela implique de vouloir changer l'autre ? Désirer cela de quelqu'un signifie vouloir que cette personne ne soit plus elle-même, et qu'elle perde son essence. Alors oui, si vous ne vous sentez pas à l'aise avec quelqu'un, si vous n'acceptez pas ce qu'elle est, que vous ne vous sentez pas capable de vous regarder dans un miroir afin d'analyser votre propre reflet, alors éloignez-vous.

C'est compliqué d'accepter les autres tels qu'ils sont. La volonté de les modifier à notre image est une facilité inconsciente. Mais demandez-vous, à combien de reprises avez-vous perdu votre sang-froid face à quelqu'un qui n'agissait pas comme vous le désiriez ?

Oui, nous n'apprécions pas que les autres mentent, mais n'avons-nous jamais menti nous-même ? Nous n'apprécions pas que l'autre râle, mais ne râlons-nous pas souvent nous aussi ? Lorsque nous demandons de l'aide, nous n'apprécions pas que l'autre ne nous l'apporte pas, mais n'avez-vous pas oublié quelqu'un qui vous avez demandé de l'aide à un moment donné ? A chaque fois que quelqu'un vous insupporte, regardez votre propre reflet. Vous vous y retrouverez très certainement puisque l'on voit en l'autre ses propres défauts, ou ses propres échecs.

Nous sommes tous libres. Si vous n'aimez pas la manière d'agir ou de réagir de quelqu'un, et que vous êtes incapables de vous regarder dans un miroir afin d'aperçevoir que vous-mêmes, vous agissez comme tel, alors encore une fois, éloignez-vous et tâchez de bien refermer la porte en sortant de leur vie car une personne incapable d'affronter son reflet, qui s'éloigne pourtant, et qui continue de piétiner sans cesse les autres en tentant de démolir leur image, même au bout de plusieurs années d'éloignement, est d'une toxicité destructrice. 

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29 août 2017

Addiction douloureuse

Quel bonheur. Littéralement ! Sentir les mots surgir du plus profond de moi-même, faire connaissance avec chacun des personnages qui vivent en moi depuis toutes ces années, apprendre à les connaître, et coucher leur vie sur papier. On ne naît pas écrivain, on le devient. Je ne l'ai jamais évoqué, mais écrire des histoires est une véritable drogue. Jusqu'à présent, tout n'était que passion, envie et besoin. Ecrire, depuis mon tout premier blog vers mes quatorze ans, est désormais devenu une addiction douloureuse, mais quel bonheur ! Au tavail d'imagination, au travail des mots, s'ajoute un travail d'archéologue particulièrement minutieux. Une idée brute n'est jamais bonne. Il faut creuser autour, puis en dessous, afin d'en tirer le substrat. Parfois, je ne perçois pas tout. Je ferme les yeux et j'essaie de ressentir l'essence de mes personnages. Hier soir, l'un d'entre eux est venu toquer à la porte de mon encéphale, a murmuré son histoire, paisiblement, et jusqu'à quatre heure du matin nous avons discuté ensemble. Après une sempiternelle migraine, la clé manquante de mon récit était là, reluisante. 

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20 août 2017

On ne perd pas le temps puisqu'il se perd tout seul.

Nous vivons en apné. Nous nous aimons à en avoir le souffle coupé. Déposée là par les liens du sang et des sentiments, cette graine qui grandit en silence dans mon estomac embrasse mes organes et s'approche bientôt de mon coeur. Je me sens être cet arbre qui fait pousser des coeurs, un pour chacun brisé il y a huit cent quatre-vingt deux jours. 

Les coeurs abîmés de ma meute se soulagent mutuellement. Nous nous regardons en souriant, et nous oublions. Nous nous acceptons chacun, tel que nous sommes et malgré tout, car nous savons qu'une famille qui crie et qui saigne est une famille unie. Et puis, au sein de ma meute, nous ne sommes jamais seul à posséder notre univers, nous ne nous possédons pas. Dans ma meute, nous sommes toujours là pour quelqu'un. Nous savons nous oublier nous-même car la famille est bien plus importante que les individus qui la constituent. Cela peut paraître fou aux yeux de certains, pour preuve : "Vous êtes beaucoup trop proches. Vos coeurs battent à l'unisson, c'est beau, mais effrayant" m'avait-t-on dit un jour.

Une semaine passée dans ce cocon de vie dans lequel j'ai grandi. Est-ce que j'étais bien en me levant ces huit matins ? Je crois me rappeler m'être sentie un peu différente. Mais si je n'étais pas la même, qui Diable ai-je pu bien être ? Cette adulte reconnaissante, probablement. Celle qui a pris suffisamment de recul pour se rendre compte que l'on ne perd pas le temps puisqu'il se perd tout seul. Et jamais Ô grand jamais je n'en gacherai une miette. La fierté mal placée, les crises d'ego ou encore, le sentiment de haine, ne m'auront pas. 

Durant ces huits jours, je me sentais différente. Voyez-vous, il s'est passé tant de choses bizarres autour, que j'en suis venue à penser que fort peu de choses sont vraiment impossibles. Parfois, je me dis que le monde n'a absolument aucun sens, et je me rappelle qu'au fond, qui nous empêche d'en inventer un ? Et c'est bien ce que je fais depuis quelques années maintenant, avec un bonheur indescriptible.

 

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06 août 2017

Regarde ton assiette. C'est impoli de regarder celle des autres.

Nous essayons tous de donner un sens à nos vies. Nous avons tous une vision distincte de l'existence, et du chemin à emprunter. Pour certains, les sentiers battus sont rassurants, tandis que pour d'autres, les terrains inconnus, sujet de découvertes avec ses avantages et ses inconvénients, permettront de nouvelles aventures et découvertes qui donneront sens réel.

De mon côté : la création de mon association, la mise en place de deux projets professionnels passionnants, la saine vision nouvelle de mes relations familiales et amicales, la conception unique de mon couple et de notre destination commune, le rapport respectueux à l'environnement dans les faits, les gestes, et les comportements, le respect de mon corps et de mon esprit, le temps accordé d'écriture et de lecture... Tout. 

Et aujourd'hui, mon compagnon de vie et de coeur ainsi que moi-même nous étirons comme des chats. Nous observons les gouttes de pluies faire la course sur les carreaux, le changement du temps et les légumes de notre potager grandir chaque jour. Nous écoutons la vie, et nous ressentons les battements du coeur de ce qui nous entourent. Nous explosons de joie une fois par jour, et nous acceptons les larmes lorsqu'elles ont envie de s'exprimer. Nous ne sommes pas toujours clairs dans nos propos, cas nous n'avons pas cette vision singulière de ce voyage qu'est la vie, et même si Mamie disait souvent "Regarde ton assiette. C'est impoli de regarder celle des autres", la grand-mère des autres ont manifestement du oublier de le leur dire, ou alors ont-ils décidé de ne pas l'écouter, car leurs regards, ainsi que leurs mots, sont parfois durs. Mais les justifications ne sont pas une routine à la maison, et nous ne nous trimballons pas de jour en jour avec notre valise remplie d'excuses.

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04 août 2017

La nuit, je me souviens.

M'as-tu sentie auprès de toi, cette nuit ? Ma voix planait au dessus de ton lit, mon âme observait ton sommeil paisible, mais les larmes coulaient. Sans que tu ne t'en aperçoives. M'as-tu sentie auprès de toi, cette nuit ?

Il ne me reste que les rêves pour profiter de ta présence. Ces nombreux enfants et autres individus disparus qui laissent derrière eux des proches meurtris. Sans que jamais ces derniers ne sachent rien. Où ? Pourquoi ? Comment ? Il y a pourtant bel et bien quelqu'un quelque part qui sait ce qu'ils sont devenus. Et pourquoi l'absence. Le silence. Mais pour ceux qui l'ignorent, ils ne restent que les souvenirs, et ces escapades nocturnes dans lesquels nous les retrouvons afin de passer quelques instants comme au bon vieux temps. Et puis les paupières se lèvent doucement, et la percée du jour nous abîme les rétines autant que le coeur. Le temps passe, les souvenirs deviennent flous. J'oublie ton visage, ton sourire, ta voix. Mais la nuit, je me souviens. 

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18 juillet 2017

Bécasses, vinasse, rapaces et grimace.

La beauté des mots qui s'entrelacent. Ces notes qui s'en dégagent avec classe. L'élégance d'un phrasé plein de grâce. La France et sa langue sont un trésor qui agaçent. 

Pourquoi débattre avec tant d'audace ? Il est temps d'honorer cette langue perspicace en oubliant ces fautes qui, telles une hideuse grimace, nous font perdre la face. Quelle tristesse de constater que ce linguistique palace ne fasse rougir ceux qui, dans le but de communiquer, ne savent proposer qu'une insipide lavasse. Force est de reconnaître qu'à l'époque où les sagaces écoliers de huit ans savaient lire et comprendre Ruy Blas et en discuter avec audace, aujourd'hui, les étudiants ignorent l'existance même des mots "pinasse", "galéasse" ou encore "calebasse". A eux de répondre que l'objectif cocasse du langage est de se faire comprendre, qu'importe la grammaire et autres règles aussi vieilles que l'époque du biface. Alors, je ne puis m'empêcher de penser qu'il serait ainsi plus efficace de tous se mettre à geindre comme des rapaces afin d'obtenir la journalière ragougnasse, et puis de se rouler dans la bouillasse afin de faire comprendre à l'autre que nous désirons un peu de vinasse. Puisque l'élégance des mots, la grâce d'un phrasé ainsi que la justesse d'une langue n'est pas essentiel à ces esprits cocasses, les bruits et autres comportements primitifs et molasses devraient, dans plusieurs décennies, devenir le nouveau français fadasse ravissant sensiblement toutes ces adorables bécasses.

20 mai 2017

Juger sur le physique. Sans honte.

Avez-vous déjà senti le sol se dérober sous vos pieds, à cause d'un simple inconnu ? Avez-vous déjà senti le ciel vous tomber sur la tête ?

Ce jour où un homme d'environ 45 ans prenait la peine de traverser la place Jean Moulin de Bordeaux, déterminé à venir à ma rencontre, dans un but encore indéterminé. "Il faudrait peut-être penser à manger, non ? Vous ne mangez donc jamais ? C'est malsain, l'anorexie.", interloquée, aucun mot ne sortait de ma bouche. En fait, même toutes mes pensées étaient figées. Tout autant que ce liquide biologique vital dans mes vaisseaux sanguins. Tout autant que mon coeur.

Ce jour-là, encore étudiante, encore naïve et fragile, je rentrais dans mon studio, totalement vidée. Pourtant, je mange matin-midi-soir, et n'ai jamais eu aucun souci avec l'alimentation. Ca semble anodin, franchement pas grave, qu'on se le dise. Mais quand un homme traverse une place entière dans ce but, vous vous dites qu'il y a un sincère problème quelque part. Puis, vous vous mettez à penser qu'au quotidien, bon nombre de personne tombe au fond du trou à cause de gens comme ce monsieur. Et là, vous sentez cette envie irrémédiable monter en vous, cette envie qui vous poussera, à l'avenir, à défendre ce genre d'attaque.

Parce qu'ici, ma seule faute : avoir un métabolisme rapide, et une morpholigie de type ectomorphe. En fait, même si je mange comme quatre, même si j'incluais la mal-bouffe dans mon régime alimentaire, et même si je fais du sport régulièrement, je possède une ossature fine, et une tendance naturelle à brûler les calories. Ce qui empêche à l'ectomorphe de grossir. La principale caractéristique d’une personne de type ectomorphe est la minceur, voire même la maigreur. En effet, le type ectomorphe est celui qui détient la palme du squelette le plus fin, surtout aux chevilles et aux poignets. En général, les épaules et le bassin sont étroits et les membres plutôt longs. Gros brûleur de graisses, l’ectomorphe allie aussi souvent un tempérament nerveux.

Juger sur le physique. Sans honte.
Critiquer autrui, pour ce qu'il n'a pas choisi. Sans rougir.
Pointer du doigt quelqu'un, pour ce qu'il représente physiquement. Sourire en coin.

Quelle misère. Juger sur le physique. Quel cancer ! Quel manque total d'altruisme. 

Madame Brigite Macron est la cible du moment. Et ça me dégoûte. Les mauvais se cachent derrière ce qu'ils appellent l'humour. Parce que oui, osez reprendre quelqu'un qui se fout de la gueule du physique, ou de l'âge, ou de la couleur, ou autre, d'une personne, et il vous rétorquera que vous n'avez pas d'humour, que vous êtes rabas-joie. C'est facile. Sauf que voilà, comme disait Monsieur Desproges, "on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui." Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu'«il vaut mieux rire d’Auschwitz avec un Juif que de jouer au Scrabble avec Klaus Barbie.» et si ce n'est toujours pas clair : par souci de décence, mais aussi parce que ce n’est humainement pas très facile, on ne s’esclaffera pas en compagnie d’un raciste. Et c'est pareil dans tous les contextes. Rire avec un homophobe, avec un sexiste, etc, ce n'est pas de l'humour. C'est mauvais. Alors rire sur le physique de quelqu'un, contre ce quelqu'un (contre, ce n'est pas avec donc), c'est indécent.

Je sais pas. Réfléchissez cinq minutes avant de parler. On parle de tourner sa langue sept fois dans sa bouche. Et si vous vous sentez visé par mes propos, mettez-vous à la place de l'autre un instant. Peut-être qu'ainsi, vous apprendrez à vous taire.

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14 mai 2017

La peine de mort vs le droit à la vie.

"Oeil pour oeil, dent pour dent", "Ils ne méritent pas de vivre", "Ce n'est que justice poru la victime et ses proches", "Une exécution coûte basiquement moins cher qu'un emprisonnement à vie", "Un moyen de libérer de l'espace pénitentiaire"... Et toi, as-tu déjà prononcé ce genre de mot ?

Autant d'arguments pour la peine de mort qui prouvent encore une fois que l'être humain moderne regresse, oublie, ne comprend plus, n'est plus apte à ressentir, ni à se projeter. C'est fascinant.

Et toi, qu'en penses-tu ? T'est-il déjà arrivé d'imaginer que l'un de tes proches soit victime d'un meurtrier ou autre criminel ? Comment le vivrais-tu ? Serais-tu pour la peine de mort ? Pourquoi ?

3370-peine-de-mort-guillotine_5508147En 1939, pour la dernière fois en France, une tête était tranchée en public à la guillotine. Eugène Weidmann, surnommé le "tueur au regard de velours", était décapité devant la prison de Versailles. Plutôt que d’observer calmement la scène, les spectateurs auraient commencé à s'agiter, certains auraient même sorti leur mouchoir pour le tamponner d’un peu de sang du condamné, en souvenir de l’événement. La scène est si affligeante que le président de la République de l’époque, Albert Lebrun, décide d’interdire toutes les exécutions publiques, estimant qu’elles stimulent davantage les instincts primaires des citoyens plutôt que de les dissuader de commettre des crimes.

"Butons-les !"

S'acheter une arme. Se sentir protégé. Parer ce sentiment oppressant d'être abandonné par l'Etat. Cet exemple est saisissant : J'ai un voisin qui a passé son permis de chasse pour pouvoir acheter un fusil. Quand il a eu l'arme, il m'a dit: 'Ils peuvent venir, les barbus, je les attends!" Je lui ai répondu: 'Tu les attends pour faire quoi ? Tu veux même pas tuer une mouche !' Mais y a rien à faire : la peur ne se raisonne pas.

Parler de la peine de mort devant sa télé, suite à certains faits divers ou faits tout court, est devenu banal chez bon nombre de personne qui pense tous la même chose concernant les terrorristes, par exemple. "Faut les buter", diront les plus jeunes. "Faut rétablir la guillotine", diront les plus vieux. Et c'est formel : piailler autour de la déchéance de nationalité, ça occupe les gens. Mais la vraie question est ici : peine de mort, ou pas peine de mort ?

Voyons les choses sous un autre angle.

Soyons un petit peu honnête. Hier, les partisans de la réhabilitation de la peine capitale justifiaient leur position par le relâchement de la réponse pénale. Aujourd'hui, ils invoquent l'inhumanité des crimes commis par les djihadistes de l'EI. En fait, il y aura toujours une bonne raison pour vouloir agir comme ceux sur lesquels nous crachons puisque oui, la peine de mort tue. Etonnant, non ? Sauf que tuer est mal, la peine de mort est donc mauvaise. En accord avec Victor Hugo : "Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant !"

Mais voilà, ne penses-tu pas que ces partisans ne voient pas plus loin que la réponse émotionnelle ? Ne penses-tu pas que réfléchir cinq minutes, à tête reposée, en mettant de côté haine et peur, permettrait de se poser les questions réelles et existentielles : Que vaut une vie ? La justice a-t-elle le droit de disposer d'une vie ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? 

Tout le monde vieillit. Tout le monde oublie. Les vieux n'y pensent plus. Les jeunes ignorent. Mais le devoir d'humanité vaut pour tous. Et les conséquences ont été, par le passé, dramatique car les procès criminels sont faillibles. Beaucoup de personnes condamnées à mort ont ensuite été innocentées, parfois quelques minutes seulement avant l'heure de leur exécution. D'autres sont morts avant qu'ils aient pu être disculpés. Pour eux, l'erreur est irrévocable. Cela a souvent été le cas dans des affaires qui n'ont pas eu recours aux nouvelles technologies d'investigation, en particulier l'ADN. Depuis 1973, 119 personnes dans 25 Etats américains ont été disculpées et ont quitté le couloir de la mort. 

Le droit à la vie.

La peine de mort est une violation des droits fondamentaux de l'être humain. Et tout le monde semble oublier le droit à la vie. La torture et la cruauté sont mauvaises, c'est un fait. Il existe des êtres humains mauvais, des criminels, que l'on veut élimier sous prétexte qu'ils ne comprennent eux-mêmes pas cette notion du droit à la vie. Alors, pourquoi devenir comme eux ? Je ne comprends pas. Cela relève de la vengeance, et non de la justice. Cela légitime la violence qu’elle prétend combattre.

De plus, la race de l'accusé peut influencer le verdict. Si l'on observe le tissu démographique américain, les proportions ethniques ne sont pas respectées dans le couloir de la mort où les afro-américains sont proportionnellement plus représentés que les blancs. Mais c'est bien sûr ! Quelle honte... Quelle tristesse...

La peine de mort n'est pas plus dissuasive que la prison à vieCet argument se vérifie en particulier dans les Etats américains qui ont réintroduit la peine de mort sans constater de diminution de la criminalité. Les criminels qui s'attendent à être condamnés à mort sont plus sujets à l'usage de la violence, s'épargnant ainsi l'enfermement à vie. Et très franchement, je préfèrerais moi-même être condamnée à mort, plutôt qu'être enfermée à vie. Et toi ? hein ?

Bourreau mais pas criminel ?

Les bourreaux, ceux qui donnent la mort aux condamnés, peuvent être gravement atteint psychologiquement, et physiquement. Lorsque la peine de mort n'est pas absolument nécessaire pour défendre la société, la société n'a pas le droit de demander au personnel pénitentiaire de mettre ainsi leur santé mentale en danger sous prétexte de contenter le peuple, qui s'en lavera les mains. D'ailleurs, le bourreau peut se sentir irrémédiablement criminel à son tour. Peut-être crois-tu qu'il est aisé d'assassiner un criminel ? Peut-être crois-tu que puisque c'est ce qu'il mérite, ce n'est que justice ?

Sais-tu que la peine de mort est un moyen utilisé par certains gouvernements répressids pour éliminer les oposants ? Sais-tu qu'elle est un instrument de pouvoir destiné à terroriser le peuple ? Non, puisque tu es en France. Que tout cela est loin de toi. Tu pleures déjà pour notre démocratie bafouée, alors que prôner la peine de mort, c'est lui crâcher directement au visage.

Sais-tu qu'elle a souvent été prononcée à l'issue de procès bâclés, ou fondée sur des aveux obtenus par la torture ? Absence ou manipulation de preuves, absence d’avocat, absence des accusés eux-mêmes, absence d'interprètes, instruction uniquement à charge, faux témoignages, aveux arrachés sous la torture, aucune possibilité d’appel… Le peuple demande un coupable. La justice lui en donne un, et s'en lave les mains. 

Et une deuxième chance ? ça te fait rire ?

La peine capitale rejette la possibilité de réhabilitation et de deuxième chance. Certains prétendent que le système judiciaire a pour mission d'éduquer et de corriger les personnes reconnues coupables de crimes. Un homme exécuté n'est pas un homme à qui la société a offert une deuxième chance. Et pour en venir à ce type là-haut, dont tout le monde parle mais que personne n'a jamais vu : personne ne peut se placer au-dessus du Salut et personne n'a le pouvoir de juger la capacité d'un homme à se racheter. 

Si tu es pour la peine de mort, j'imagine que tu dois bien te marrer. Un pédophile, une deuxième chance ? hohohoho ! Mais toi alors, ne trouves-tu pas cela affligeant d'être un meurtrier de canapé ? Ne trouves-tu pas cela affligeant d'invoquer la peine de mort, tandis qu'au fond de toi, l'idée du sang et de la douleur d'un criminel stimule tes instincts primaires ? Parce qu'au fond, les faits sont établis. Et il me semble qu'il est très limité d'esprit, voire même très oisif, que de croire que l'unique solution est là.

 

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