Territoire d'une louve

18 juillet 2017

Bécasses, vinasse, rapaces et grimace.

La beauté des mots qui s'entrelacent. Ces notes qui s'en dégagent avec classe. L'élégance d'un phrasé plein de grâce. La France et sa langue sont un trésor qui agaçent. 

Pourquoi débattre avec tant d'audace ? Il est temps d'honorer cette langue perspicace en oubliant ces fautes qui, telles une hideuse grimace, nous font perdre la face. Quelle tristesse de constater que ce linguistique palace ne fasse rougir ceux qui, dans le but de communiquer, ne savent proposer qu'une insipide lavasse. Force est de reconnaître qu'à l'époque où les sagaces écoliers de huit ans savaient lire et comprendre Ruy Blas et en discuter avec audace, aujourd'hui, les étudiants ignorent l'existance même des mots "pinasse", "galéasse" ou encore "calebasse". A eux de répondre que l'objectif cocasse du langage est de se faire comprendre, qu'importe la grammaire et autres règles aussi vieilles que l'époque du biface. Alors, je ne puis m'empêcher de penser qu'il serait ainsi plus efficace de tous se mettre à geindre comme des rapaces afin d'obtenir la journalière ragougnasse, et puis de se rouler dans la bouillasse afin de faire comprendre à l'autre que nous désirons un peu de vinasse. Puisque l'élégance des mots, la grâce d'un phrasé ainsi que la justesse d'une langue n'est pas essentiel à ces esprits cocasses, les bruits et autres comportements primitifs et molasses devraient, dans plusieurs décennies, devenir le nouveau français fadasse ravissant sensiblement toutes ces adorables bécasses.


24 mai 2017

La passion, le courage et la détermination sont les indispensables clés.

Elle a eu son diplôme. Ma maman a eu son diplôme. Je suis si heureuse !

Tout le monde a le droit de reprendre sa vie en main, à un moment donné. Personne n'a le droit de dire le contraire. Surtout pas par jalousie ni envie.

Ma maman, après avoir passé bon nombre de longues années dans une structure dans laquelle ses compétences étaient dévalorisées et bafouées, pour cette pitoyable raison qu'elle était une femme, décidait d'arracher la page. De reprendre son destin en main. De crier haut et fort ce qu'elle aimait, et les raisons pour lesquelles elle voulait vivre. Et surtout, elle dressait un joli doigt à ces odieux "collègues" sexistes qui la rabaissaient sans cesse.

Serait-ce facile pour toi de tourner le dos à ce travail que tu détestes, et d'enfin entendre et ouvrir les yeux sur tes rêves, malgré tout ce que cela implique ?

Ce n'a pas été simple pour elle. Plus d'un an et demi dans le brouillard. Que faire après avoir passé toute sa vie à travailler sous contrat à durée indéterminée, symbole de sécurité de l'emploi et de salaire à chaque fin de mois ? Une fois la peur mise de côté, le paysage de ses rêves commençait à se dessiner : elle savait enfin où aller.

Sourire aux lèvres, elle mettait des mots sur le projet qu'elle allait monter. Et pour cela, elle devait retourner à l'école. Ou plutôt, en formation alternante : école - terrain - école - terrain... Après bon nombre d'année à avoir les mêmes journées copiées-collées dans la même boîte avec les mêmes collègues désagréables, il a été compliqué de s'adapter à ce nouveau rythme études-devoirs-actions sur le terrain. Je la sentais épuisée. Les doutes commençaient à la ronger. La peur aussi, probablement. 

Mais aujourd'hui, ou plutôt hier, elle reçevait le fameux diplôme ! Elle a obtenu les meilleurs résultats de toute la promotion, alors que chacun de ses camarades avaient déjà plusieurs années d'expérience dans le secteur. Mais parce que la passion, le courage et la détermination sont les indispensables clés : ma maman, totalement inexpérimentée dans ce domaine dans lequel elle rêvait d'évoluer, a été félicité par tous les responsables de l'école, ainsi que par sa directrice de terrain. 

Je suis fière. Je l'admire. Je l'aime.

 

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20 mai 2017

Juger sur le physique. Sans honte.

Avez-vous déjà senti le sol se dérober sous vos pieds, à cause d'un simple inconnu ? Avez-vous déjà senti le ciel vous tomber sur la tête ?

Ce jour où un homme d'environ 45 ans prenait la peine de traverser la place Jean Moulin de Bordeaux, déterminé à venir à ma rencontre, dans un but encore indéterminé. "Il faudrait peut-être penser à manger, non ? Vous ne mangez donc jamais ? C'est malsain, l'anorexie.", interloquée, aucun mot ne sortait de ma bouche. En fait, même toutes mes pensées étaient figées. Tout autant que ce liquide biologique vital dans mes vaisseaux sanguins. Tout autant que mon coeur.

Ce jour-là, encore étudiante, encore naïve et fragile, je rentrais dans mon studio, totalement vidée. Pourtant, je mange matin-midi-soir, et n'ai jamais eu aucun souci avec l'alimentation. Ca semble anodin, franchement pas grave, qu'on se le dise. Mais quand un homme traverse une place entière dans ce but, vous vous dites qu'il y a un sincère problème quelque part. Puis, vous vous mettez à penser qu'au quotidien, bon nombre de personne tombe au fond du trou à cause de gens comme ce monsieur. Et là, vous sentez cette envie irrémédiable monter en vous, cette envie qui vous poussera, à l'avenir, à défendre ce genre d'attaque.

Parce qu'ici, ma seule faute : avoir un métabolisme rapide, et une morpholigie de type ectomorphe. En fait, même si je mange comme quatre, même si j'incluais la mal-bouffe dans mon régime alimentaire, et même si je fais du sport régulièrement, je possède une ossature fine, et une tendance naturelle à brûler les calories. Ce qui empêche à l'ectomorphe de grossir. La principale caractéristique d’une personne de type ectomorphe est la minceur, voire même la maigreur. En effet, le type ectomorphe est celui qui détient la palme du squelette le plus fin, surtout aux chevilles et aux poignets. En général, les épaules et le bassin sont étroits et les membres plutôt longs. Gros brûleur de graisses, l’ectomorphe allie aussi souvent un tempérament nerveux.

Juger sur le physique. Sans honte.
Critiquer autrui, pour ce qu'il n'a pas choisi. Sans rougir.
Pointer du doigt quelqu'un, pour ce qu'il représente physiquement. Sourire en coin.

Quelle misère. Juger sur le physique. Quel cancer ! Quel manque total d'altruisme. 

Madame Brigite Macron est la cible du moment. Et ça me dégoûte. Les mauvais se cachent derrière ce qu'ils appellent l'humour. Parce que oui, osez reprendre quelqu'un qui se fout de la gueule du physique, ou de l'âge, ou de la couleur, ou autre, d'une personne, et il vous rétorquera que vous n'avez pas d'humour, que vous êtes rabas-joie. C'est facile. Sauf que voilà, comme disait Monsieur Desproges, "on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui." Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu'«il vaut mieux rire d’Auschwitz avec un Juif que de jouer au Scrabble avec Klaus Barbie.» et si ce n'est toujours pas clair : par souci de décence, mais aussi parce que ce n’est humainement pas très facile, on ne s’esclaffera pas en compagnie d’un raciste. Et c'est pareil dans tous les contextes. Rire avec un homophobe, avec un sexiste, etc, ce n'est pas de l'humour. C'est mauvais. Alors rire sur le physique de quelqu'un, contre ce quelqu'un (contre, ce n'est pas avec donc), c'est indécent.

Je sais pas. Réfléchissez cinq minutes avant de parler. On parle de tourner sa langue sept fois dans sa bouche. Et si vous vous sentez visé par mes propos, mettez-vous à la place de l'autre un instant. Peut-être qu'ainsi, vous apprendrez à vous taire.

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14 mai 2017

La peine de mort vs le droit à la vie.

"Oeil pour oeil, dent pour dent", "Ils ne méritent pas de vivre", "Ce n'est que justice poru la victime et ses proches", "Une exécution coûte basiquement moins cher qu'un emprisonnement à vie", "Un moyen de libérer de l'espace pénitentiaire"... Et toi, as-tu déjà prononcé ce genre de mot ?

Autant d'arguments pour la peine de mort qui prouvent encore une fois que l'être humain moderne regresse, oublie, ne comprend plus, n'est plus apte à ressentir, ni à se projeter. C'est fascinant.

Et toi, qu'en penses-tu ? T'est-il déjà arrivé d'imaginer que l'un de tes proches soit victime d'un meurtrier ou autre criminel ? Comment le vivrais-tu ? Serais-tu pour la peine de mort ? Pourquoi ?

3370-peine-de-mort-guillotine_5508147En 1939, pour la dernière fois en France, une tête était tranchée en public à la guillotine. Eugène Weidmann, surnommé le "tueur au regard de velours", était décapité devant la prison de Versailles. Plutôt que d’observer calmement la scène, les spectateurs auraient commencé à s'agiter, certains auraient même sorti leur mouchoir pour le tamponner d’un peu de sang du condamné, en souvenir de l’événement. La scène est si affligeante que le président de la République de l’époque, Albert Lebrun, décide d’interdire toutes les exécutions publiques, estimant qu’elles stimulent davantage les instincts primaires des citoyens plutôt que de les dissuader de commettre des crimes.

"Butons-les !"

S'acheter une arme. Se sentir protégé. Parer ce sentiment oppressant d'être abandonné par l'Etat. Cet exemple est saisissant : J'ai un voisin qui a passé son permis de chasse pour pouvoir acheter un fusil. Quand il a eu l'arme, il m'a dit: 'Ils peuvent venir, les barbus, je les attends!" Je lui ai répondu: 'Tu les attends pour faire quoi ? Tu veux même pas tuer une mouche !' Mais y a rien à faire : la peur ne se raisonne pas.

Parler de la peine de mort devant sa télé, suite à certains faits divers ou faits tout court, est devenu banal chez bon nombre de personne qui pense tous la même chose concernant les terrorristes, par exemple. "Faut les buter", diront les plus jeunes. "Faut rétablir la guillotine", diront les plus vieux. Et c'est formel : piailler autour de la déchéance de nationalité, ça occupe les gens. Mais la vraie question est ici : peine de mort, ou pas peine de mort ?

Voyons les choses sous un autre angle.

Soyons un petit peu honnête. Hier, les partisans de la réhabilitation de la peine capitale justifiaient leur position par le relâchement de la réponse pénale. Aujourd'hui, ils invoquent l'inhumanité des crimes commis par les djihadistes de l'EI. En fait, il y aura toujours une bonne raison pour vouloir agir comme ceux sur lesquels nous crachons puisque oui, la peine de mort tue. Etonnant, non ? Sauf que tuer est mal, la peine de mort est donc mauvaise. En accord avec Victor Hugo : "Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant !"

Mais voilà, ne penses-tu pas que ces partisans ne voient pas plus loin que la réponse émotionnelle ? Ne penses-tu pas que réfléchir cinq minutes, à tête reposée, en mettant de côté haine et peur, permettrait de se poser les questions réelles et existentielles : Que vaut une vie ? La justice a-t-elle le droit de disposer d'une vie ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? 

Tout le monde vieillit. Tout le monde oublie. Les vieux n'y pensent plus. Les jeunes ignorent. Mais le devoir d'humanité vaut pour tous. Et les conséquences ont été, par le passé, dramatique car les procès criminels sont faillibles. Beaucoup de personnes condamnées à mort ont ensuite été innocentées, parfois quelques minutes seulement avant l'heure de leur exécution. D'autres sont morts avant qu'ils aient pu être disculpés. Pour eux, l'erreur est irrévocable. Cela a souvent été le cas dans des affaires qui n'ont pas eu recours aux nouvelles technologies d'investigation, en particulier l'ADN. Depuis 1973, 119 personnes dans 25 Etats américains ont été disculpées et ont quitté le couloir de la mort. 

Le droit à la vie.

La peine de mort est une violation des droits fondamentaux de l'être humain. Et tout le monde semble oublier le droit à la vie. La torture et la cruauté sont mauvaises, c'est un fait. Il existe des êtres humains mauvais, des criminels, que l'on veut élimier sous prétexte qu'ils ne comprennent eux-mêmes pas cette notion du droit à la vie. Alors, pourquoi devenir comme eux ? Je ne comprends pas. Cela relève de la vengeance, et non de la justice. Cela légitime la violence qu’elle prétend combattre.

De plus, la race de l'accusé peut influencer le verdict. Si l'on observe le tissu démographique américain, les proportions ethniques ne sont pas respectées dans le couloir de la mort où les afro-américains sont proportionnellement plus représentés que les blancs. Mais c'est bien sûr ! Quelle honte... Quelle tristesse...

La peine de mort n'est pas plus dissuasive que la prison à vieCet argument se vérifie en particulier dans les Etats américains qui ont réintroduit la peine de mort sans constater de diminution de la criminalité. Les criminels qui s'attendent à être condamnés à mort sont plus sujets à l'usage de la violence, s'épargnant ainsi l'enfermement à vie. Et très franchement, je préfèrerais moi-même être condamnée à mort, plutôt qu'être enfermée à vie. Et toi ? hein ?

Bourreau mais pas criminel ?

Les bourreaux, ceux qui donnent la mort aux condamnés, peuvent être gravement atteint psychologiquement, et physiquement. Lorsque la peine de mort n'est pas absolument nécessaire pour défendre la société, la société n'a pas le droit de demander au personnel pénitentiaire de mettre ainsi leur santé mentale en danger sous prétexte de contenter le peuple, qui s'en lavera les mains. D'ailleurs, le bourreau peut se sentir irrémédiablement criminel à son tour. Peut-être crois-tu qu'il est aisé d'assassiner un criminel ? Peut-être crois-tu que puisque c'est ce qu'il mérite, ce n'est que justice ?

Sais-tu que la peine de mort est un moyen utilisé par certains gouvernements répressids pour éliminer les oposants ? Sais-tu qu'elle est un instrument de pouvoir destiné à terroriser le peuple ? Non, puisque tu es en France. Que tout cela est loin de toi. Tu pleures déjà pour notre démocratie bafouée, alors que prôner la peine de mort, c'est lui crâcher directement au visage.

Sais-tu qu'elle a souvent été prononcée à l'issue de procès bâclés, ou fondée sur des aveux obtenus par la torture ? Absence ou manipulation de preuves, absence d’avocat, absence des accusés eux-mêmes, absence d'interprètes, instruction uniquement à charge, faux témoignages, aveux arrachés sous la torture, aucune possibilité d’appel… Le peuple demande un coupable. La justice lui en donne un, et s'en lave les mains. 

Et une deuxième chance ? ça te fait rire ?

La peine capitale rejette la possibilité de réhabilitation et de deuxième chance. Certains prétendent que le système judiciaire a pour mission d'éduquer et de corriger les personnes reconnues coupables de crimes. Un homme exécuté n'est pas un homme à qui la société a offert une deuxième chance. Et pour en venir à ce type là-haut, dont tout le monde parle mais que personne n'a jamais vu : personne ne peut se placer au-dessus du Salut et personne n'a le pouvoir de juger la capacité d'un homme à se racheter. 

Si tu es pour la peine de mort, j'imagine que tu dois bien te marrer. Un pédophile, une deuxième chance ? hohohoho ! Mais toi alors, ne trouves-tu pas cela affligeant d'être un meurtrier de canapé ? Ne trouves-tu pas cela affligeant d'invoquer la peine de mort, tandis qu'au fond de toi, l'idée du sang et de la douleur d'un criminel stimule tes instincts primaires ? Parce qu'au fond, les faits sont établis. Et il me semble qu'il est très limité d'esprit, voire même très oisif, que de croire que l'unique solution est là.

 

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14 avril 2017

Le cancer de sa propre espèce.

J'ai mal à la gorge. J'ai toujours mal quelque part, comme si mon corps me rappelait à l'ordre à l'instant même où mes paupières épousaient chaque nouveau matin. Rien n'est simple, il ne faudrait pas que je l'oublie. La vie, le monde. L'humain. La vie. La guerre. Cette dernière douleur possède un coeur de pierre qui, depuis la nuit des temps, ne subit aucune fissure. 

Mais rien ne justifie la guerre. Rien.

La guerre a été inventée au moment où l'Homme a réalisé qu'il était bien plus simple de détruire, et de tuer l'autre, plutôt que de deviser afin de comprendre ses différences.

L'Homme est devenu le cancer de cette planète, alors qu'il aurait pu devenir si bienveillant. En 2017, l'Homme engendre le chaos sans effort. Par avidité, par égoïsme. L'Homme est devenu le cancer de sa propre espèce. Aujourd'hui, leurs armes sont perfectionnées, leur conscience s'est endormie, leurs idées sont aiguisées afin de toujours mieux se justifier leurs actes, comme s'il était tout à fait normal de continuer ainsi, dans ce tourbillon infernal qu'est la destruction, la peine, et la mort. 

Je rêve que le fléau de l'humanité, la guerre, soit banie de la Terre à tout jamais. Je refuse d'accepter l'éventualité que ce fléau soit si tragiquement lié à cette nuit dépourvue d'étoile qu'est le racisme et la guerre, et que l'aube luminescente de la paix et de la fraternité ne puissent jamais devenir une réalité. Je crois que la vérité désarmée et que l'amour inconditionnel auront le dernier mot.

 

 

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10 avril 2017

Parfois, ils ne seront qu'indifférence, et disparaîtront.

what we talk about when we were talking

Gandhi disait "Le bonheur, c'est lorsque nos pensées, nos paroles et nos actes sont en harmonie".

Cependant, si tu agis en suivant ce que tu penses et les valeurs que tu défends, tu risques de ne plus correspondre à ce que les autres attendent de toi. Alors, ils te diront que tu as changé, te trouveront bon nombre de qualificatifs plus ou moins négatifs, et adopteront une attitude défensive à ton égard. Parfois même ils seront agressifs, et blessants, tant dans leurs paroles que dans leurs actes. Parfois, ils ne seront qu'indifférence, et disparaîtront, ne devenant rien d'autre qu'un fantôme virtuel. 

Pour lors, n'oublie jamais que tous ces qualificatifs et comportements ne te regardent pas. Ils ne sont que le jugement de l'autre, déçu, car tu ne comble plus ce à quoi il aspirait. Tu ne représentes plus ce spectre de lui-même, l'autre ne se reconnaît plus en toi. 

Il s'agit de comprendre que les êtres qui nous entourent nous aime car ils se reconnaissent en nous. S'ils sont amenés à ne pas vous tolérer, s'ils sont amenés à vous ignorer, ou à être indifférents, c'est qu'ils ne se reconnaissent pas/plus en toi. Ou encore : ils reconnaissent en toi ce qu'ils détestent en eux-mêmes.

Le bonheur, ce n'est pas être entouré de plein de personnes. Le bonheur c'est justement d'être tellement en harmonie avec soi-même, que l'on a plus BESOIN d'être entouré. 

Il s'agit d'une vérité subjective, d'une ligne personnelle de conduite, car mon enfer c'est les autres, me permettant d'atteindre mon propre bonheur et non d'une vérité générale. Chacun articule avec autrui à sa manière.

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30 mars 2017

De dentelle et de plomb.

C'est alors que le soleil cognait sur ma nuque, tandis que je travaillais profondément en choeur avec la voix de Peter Murphy. Les mots vinrent mais s'en allèrent aussitôt, hâppé par l'odeur du lila blanc de sous ma fenêtre grande ouverte en cette douce journée du 30 Mars 2017. 

Juin2016

03 Juin 2016

Je suis de dentelle et de plomb. Je sors, les yeux grands ouverts, mais voguant encore dans le sillage et l'assurance de mes nombreux rêves. Je suis surprise par mon automatisme, qui fait que les autres m'ignorent. Je traverse la vie quotidienne sans lâcher la main de ma nourrice astrale, tandis que mes pas s'accordent et s'harmonisent aux intentions obscurs de mon imagination somnolante. Cependant, je marche. Je ne trébuche pas. J'existe.

Mais au premier relâchement, dès que je n'ai plus besoin de surveiller ma marche, pour éviter les véhicules ou ne pas gêner les passants, dès que ne j'ai plus la pénible obligation de franchir une porte proche, alors je pars de nouveau dans les flots du rêve, comme un bateau de papier à bouts pointus fraichement plié.

C'est au beau milieu de la vie que le rêve déploie ses vastes cinémas. Je descends une rue irréelle de la ville de Fontenay-sous-Bois, et la réalité des vies qui n'existent pas m'enveloppe tendrement le front d'un tissu blanc de faux souvenirs inconscients. Je navigue sur une mer ignorée de moi-même. J'ai triomphé de tout, là où je ne suis jamais allée. Et c'est une brise nouvelle que cette somnolence dans laquelle je peux avancer, penchée en avant pour cette marche sur l'impossible.

Chacun de nous a son propre alcool. Je trouve assez d’alcool dans le fait d’exister. Ivre de me sentir, j’erre et marche bien droit. Si c’est l’heure, je reviens travailler, comme tout le monde. Si ce n’est pas l’heure encore, je vais jusqu’à la rivière pour regarder la rivière, comme tout le monde. Je suis pareil. Et derrière tout cela, il y a mon ciel, où je me constelle en cachette et où je possède mon infini.

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26 mars 2017

Soyez lucides, et indignez-vous.

Edgar Morin disait que le pourcentage de voleurs est le même dans toutes les communautés, même chez les gendarmes. 

C'est d'une évidence imparable. Comment peut-on, en 2017, pointer du doigt une communauté X ou Y en généralisant bêtement, sans prendre la peine de réfléchir ? Comment peut-on vivre dans un pays laïque et ne pas même en connaître la définition, et/ou ignorer totalement ce principe ? Pour un esprit laïque, communauté et solidarité sont à la fois les sources de l'éthique et les conditions du bien-vivre en société. 

Sauf que tout repose sur une logique égocentrique. Chacun porte en soi cette double logique qui le met littéralement au centre de son monde, au "moi d'abord". Ainsi que cette logique du "nous", c'est-à-dire au besoin d'amour et de communauté (famille, groupes d'appartenance, partis etc.). Malheureusement, la logique égocentrique s'est surdéveloppée, et la logique du "nous" collectif s'est "sous-développée". Il me semble nécessaire de prendre du recul, de comprendre mieux ce principe de laïcité, de comprendre également que "le pourcentage de voleurs est le même dans toutes les communautés, même chez les gendarmes", et de réapprendre ce qu'est la solidarité.

Au sein du Manifeste Roosevelt (2012 -  il vise « une politique du vouloir-vivre et re-vivre, qui nous arrache à une apathie et à une résignation mortelles »), nous pouvons lire "Nos dirigeants semblent totalement dépassés : ils sont incapables aujourd'hui de proposer un diagnostic juste de la situation et incapables, du coup, d'apporter des solutions concrètes, à la hauteur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes." 

Les dirigeants "people", les dirigeants "twitter" actuels, ceux qui, même en ayant un casier judiciaire, en étant en situation de fraude extrême, ceux qui volent le petit peuple, ceux qui méprisent le petit peuple, ceux qui ignorent totalement ce qu'est le chômage, le RSA, les restaus du coeur, ceux qui n'ont jamais de leur vie empruntés le bus ou le RER. Ceux qui n'ont même jamais compris le principe de laïcité, de solidarité, de communauté, d'éthique. Comment peuvent-ils proposer un diagnostic juste ? Ceux-là, mais que font-ils encore en route pour la présidence ? Comment ceux-là peuvent-ils encore avoir le droit et la légitimité de prétendre pouvoir et vouloir diriger notre pays ? Comment peuvent-ils encore apparaître sur nos écrans de télévision, alors que nous, petit peuple, serions déjà amendés pour pas même un quart de ce qu'eux osent faire ? Un diagnostic juste suppose une pensée capable de réunir et d'organiser les informations et connaissances dont nous disposons, mais qui sont compartimentées et dispersées.
Et ceux-là n'en ont aucune ! Aucune. 

Monsieur Edgar Morin disait encore "Une telle pensée doit être consciente de l'erreur de sous-estimer l'erreur dont le propre, comme a dit Descartes, est d'ignorer qu'elle est erreur. Elle doit être consciente de l'illusion de sous-estimer l'illusion. Erreur et illusion ont conduit les responsables politiques et militaires du destin de la France au désastre de 1940 ; elles ont conduit Staline à faire confiance à Hitler, qui faillit anéantir l'Union soviétique."

Alors, soyez lucides, et indignez-vous. 

Se tromper d'ennemi est dangeureux.

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21 mars 2017

Louis, les loups et la méditation.

Hier, une missive fût déposée dans mon humble boîte mails par Louis, un lecteur assidu de Territoire d'une louve. Merci pour tes mots, ainsi que pour tes gentillesses. Merci aussi d'avoir compris que je n'écrivais pas pour être lu, mais pour me décharger du poids des jours qui passent. Aussi j'aime les mots, la langue française, prendre le temps des tournures, de choisir le bon mot, la bonne ponctuation. C'est vraiment agréable de lire qu'il existe encore des personnes qui prêtent attention à cela sans jugement néfaste. Merci enfin pour cette riche discussion autour de Lynch, Noé, Scorsese, Polanski.

"Méfie-toi toujours des imbéciles, ils sont plus dangereux que les loups", me disais-tu. Je suis d'accord. Mais, sous ce brouillard gangrené par leurs fatigues d'hier, des millions d'hommes s'éveillent, déjà éreintés d'aujourd'hui. Un homme épuisé n'est rien d'autre qu'un corps vide, à l'image de l'imbécile. Aussi devons-nous nous méfier des imbéciles, ainsi que des éternels éreintés ? Et pourquoi donc nous méfier ? Il me semble que tout cela n'est qu'une vaine tourmente. Le seul voyage qui compte est celui que l'on fait sans même bouger : à l'intérieur de soi-même. En psychothérapie on préfère le choc qui nettoie, au mensonge qui empoisonne. Ce voyage en soi-même provoque définitivement un choc, mais se connaître bien permet de ne pas se mentir jamais. Et de ne pas mentir tout court. Si un imbécile ou un éreinté entreprend ce voyage, sera-t-il capable de se connaître bien ? Là, il serait en mesure de comprendre mieux. Et puisque comprendre permet la tolérance et la compassion, en sont-ils incapables sans ce voyage vers soi-même ? Et, puisque tolérer et compatir sont des notions sincèrement liées à l'amour. Les imbéciles et les éreintés sont-ils incapables d'aimer sincèrement (sans aucune notion d'intérêt quelconque) ?

Et oui Louis, je pense détenir un bribe de ta réponse : un imbécile est, par définition, peu capable de comprendre, de raisonner, et d'agir judicieusement. Son attitude, ou ses propos, relèvent de l'idiotie. Alors, un imbécile est incapable d'un tel voyage. Quant à l'éreinté, il en est tout simplement incapable puisque harrasé.

Alors méfions-nous toujours des imbéciles ainsi que des éreintés, ils sont plus dangereux que les loups...

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27 février 2017

Famille, pelote et intelligence.

La famille, c'est avoir la chance d'être et d'exister sans aucun rapport de force. L'extérieur est froid, brutal et sans pitié. Ces rapports de force me fatiguent et pompent l'énergie nécessaire pour avancer positivement. 

La famille, c'est une pelote composée de plusieurs fils que sont chacun des membres de cette famille. Cette pelote se déroule tout au long de la vie. En douceur.

Un rapport de force empêche la pelote de se dérouler parfaitement. La douceur s'estompe.

Des noeuds se créent.

Un des fils s'échappent. Irrémédiablement.

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Je pense à toi, fil volant dans le vent de ses vérités propres prenant la forme de calomnies lorsque l'heure des justifications publiques sonnent.

Je pense à toi, fil indépendant dépourvu d'âme, incapable d'agir autrement que par défiance, égoïsme et amour-propre. Crois-tu que démolir les autres t'apportera plénitude ?  Crois-tu que le mensonge permanent est réellement  inéluctable pour vivre bien ?

J'ai tendance à croire que l'intelligence est de savoir reconnaître sa sottise, ses torts, et d'admettre qui l'on est vraiment, en dépit de tout. Et sans impact négatif sur quiconque.